Livré tel quel par David ce jour:
le bateau sur lequel nous embarquons en fin d’après-midi, généralement
bien sonnés par le décalage horaire comme il se doit, et surtout par la
longueur du voyage qui nous a laissé que peu de repos durant ces
quelques 50 heures. Les conditions sont donc réunies pour aller faire
une super fête à Hobart qui se révèle être une ville pleine de charme,
avec des habitants très cool. Nous aurons le temps de nous reposer le
jeudi matin, puisque l’appareillage est prévu pour 15heures. La
véritable aventure commence.
Rapidement on prend la mesure du bateau, son exploration est rapide
car relativement petit, 65m de long. Nous sommes généralement 4 par
cabines qui peuvent contenir 6 personnes. Elles sont malgré tout pleines
car, outre nos baggages du vol avion, nous avons perçu sur le bateau
deux gros sacs pleins de matériel polaire. La vie en promiscuité
commence, c’est un avant-goût de ce qui nous attend pour la suite.
Le temps est superbe au départ d’Hobart, soleil et petite houle nous
accompagneront jusqu’au milieu du chemin. Il y a malgré tout quelques
malades car le bateau est très rouleur. Sa coque est en effet prévue
pour casser de la banquise comme tout brise-glace, et il a une coque
sans quille. Heureusement pour eux, la météo s’annonce exceptionnelle
sur le trajet jusqu’à l’Antarctique distante de 2700 km à parcourir aux
limites de l’océan Indien sud et du Pacifique sud. Pour moi, je ne peux
m’empêcher malgré mon bonheur d’être là, de ressentir une légère
déception ; cela fait la troisième fois que je viens dans les
quarantièmes rugissants et je n’ai encore rien entendu rugir! Les jours
se succèdent donc, rythmés par les repas qui constituent une grande part
de notre activité. On peut aussi passer de beaux moments à la passerelle
(poste de pilotage du navire) où on peut profiter de la vue tout en
restant au chaud. Car en effet, au fur et à mesure que nous descendons
dans le grand sud, les températures font de même et nous atteignons le
voisinage de zéro dès le vendredi 16 décembre. On peut aussi glaner des
renseignements concernant la navigation, et notamment le jour où nous
allons rencontrer les premières glaces, ce qui est toujours un grand
moment à bord. Ce moment est prévu initialement pour le dimanche 18.
Nous sommes nombreux à attendre en soirée en vain ce soir là malgré l’
heure tardive à laquelle nous nous résignons à aller nous coucher. La
visibilité reste bonne toute la nuit car le soleil ne se couche plus que
une ou deux heures à l’approche du cercle Antarctique.
Le lendemain matin, lundi 19 décembre, le tour de magie s’est réalisé
: nous sommes dans les glaces. Tout le monde est sur le pont avec
appareils de prise de vue de toutes sortes, le spectacle est grandiose.
Des plaques de glaces à perte de vue dispersées sur la mer et de temps à
autre un iceberg plus ou moins grand. Le navire se faufile pour l’
instant à toute vitesse dans ce dédale. Parfois il ne peut éviter un
floe (portion de banquise) et cela occasionne un choc qui se communique
à tout le bateau. L’avantage pour les malades, c’est que la houle se
calme au fur et à mesure de la densification du pack (banquise en
débâcle). Mardi les choses se corsent, et il faut parfois faire des
détours de plusieurs kilomètres pour trouver des rivières d’eau libre.
On dispose pour cela d’images satellites réalisées à partir d’imageurs
micro-ondes (radar), mais c’est largement insuffisant. L’expérience de
l’équipage et surtout du commandant du navire est déterminante pour
prendre des options de directions de façon à anticiper par rapport à la
dérive due au vent et au courant. Il nous arrive d’être encerclé par les
floes et de devoir casser la glace. Le bateau utilise alors son erre
pour venir percuter le floe, et grâce à la forme de la coque, le bateau
commence à monter dessus, puis sous l’effet de son poids casse le floe
en deux. Sinon, on fait machine arrière et on recommence. Les coups de
boutoirs sont considérables et les bruits en conséquence, c’est très
impressionnant. Une véritable « auto tamponneuse ». Attention si vous
prenez votre douche à ces moments là, il y a des chutes qui peuvent
avoir des conséquences.
Mercredi 21 , 08 heures locale : le bateau est coincé et ne trouve plus
de cheminement possible à vue. Il est décidé de mettre en œuvre l’
hélicoptère pour faire une reconnaissance. Cela prend environ trois
heures car il est en partie démonté pour le voyage, notamment pour le
protéger des tempêtes que nous n’avons pas eues. Cette reconnaissance ne
donne rien de probant. Nous sommes à environ 200 km de l’objectif, la
base de DDU, et à perte de vue c’est la même chose : le pack est dense.
La progression très irrégulière. Parfois il nous faut une à deux heures
pour faire 100m, à casser de la banquise plus ou moins épaisse. Les
pronostics sont incertains, on commence à penser à passer Noël à bord…
je te souhaite de passer un bon reveillon ..
RépondreSupprimerTous mes Voeux pour cette nouvelle année qui va démarrer loint de Nous..Bonjour aux manchots..la Biz mon ami
L'Olive Lavarenne